En dehors du couteau pliant « Le Transall » qui a une lame en acier inoxydable prédécoupé au laser, je ne travaille qu’avec des aciers aux carbones non alliés ou très peu alliés. Le choix du pourcentage de carbone se fait en fonction du type d’objet et de son utilisation.

Pour les non-initiés, le fer pur possède 0 % de carbone. Jusqu’à 0,02 % on continue à l’appeler fer. Ensuite, il devient de l’acier de 0,02 à 2 % et au-delà de 2 % de carbone, il devient de la fonte. Si l’on vulgarise les caractéristiques apportées par le carbone au fer, plus il y a de carbone, plus le fer devient dur, mais cassant. Et, moins il y a de carbone, plus le fer est souple et malléable. Le forgeron de lames jongle ensuite avec sa maitrise du feu, de la forge et des traitements thermiques pour obtenir les caractéristiques spécifiques désirées pour un objet.

J’utilise du charbon de bois pour forger mes lames au plus proche de leur forme définitive et pour n’avoir qu’une faible rectification à faire avant les traitements thermiques et les finitions. Je ne forme pas de lames par usinage. Et ce pour plusieurs raisons, dans un souci d’économie, il y a moins de gaspillage d’acier en forgeant les lames jusqu’à la pré-émouture qu’en les usinant, même en prenant en compte les pertes au feu. Et forger de l’acier au carbone optimise ses caractéristiques mécaniques en densifiant et orientant les grains de l’acier (meilleure résistance à la corrosion, fil de coupe plus fin et dureté améliorée en surface tout en gardant au cœur sa souplesse de départ).

Les anciens disaient que « l’étoffe du métal est plus resserré ».

Pour un même acier au carbone, les caractéristiques techniques sont nettement supérieures quand il est forgé dans les règles de l’art que lorsqu’il est usiné.

Je pratique aussi la forge à l’eau dopée de carbonate de soude. Ce qui permet tout au long du travail de l’acier de limiter les incrustations d’oxydes de forge et de finir la mise en forme avec un acier sain. Ce qui diminue le travail de rectification et limite la perte de carbone dans la lame au travers de la formation de ces oxydes.

Finitions et traitements thermiques :

Je propose 2 finitions de lames :

  • Le brut de forge : à la sortie des opérations de forge, les lames sont juste platinées, émouturées et affutées
  • Le polissage mécanique : la lame est polie mécaniquement avec différentes machines

Je pratique plusieurs types de traitements thermiques qui influent sur le rendu des finitions. Mais, toutes les lames ne sont pas adaptées à tous les types de traitements.

  • Une trempe sélective par niveau de fluide et par chauffe sélective selon le type de lame
  • Une trempe intégrale pour certaines lames et les double tranchant avec ou sans chauffe sélective
  • Une trempe sélective à l’argile pour tous types de lames

L’équilibre d’un couteau :

Pour certain couteau, vous lirez « équilibré ou lame porteuse « . C’est simplement la définition du point de pivot de l’équilibre entre la lame et le manche :

  • Si le point de pivot se trouve entre le bout de votre main et le début du tranchant, la lame est dite équilibrée. Ce qui entraine une lame plus maniable, plus précise.
  • Si le point de pivot se trouve au-delà de la zone précédente du côté de la lame, c’est une lame porteuse. Ce qui entraine une lame moins maniable, mais plus puissante

Pour imager cette différence, vous pouvez comparer un hachoir de boucher et un petit couteau de table.

Les différents montages des couteaux :

Pour les couteaux pliants, je propose deux types de montages, soit :

  • Pliant à friction sans verrouillage mécanique de la lame, c’est le serrage de la lame dans le manche (friction) qui va maintenir celle-ci en position ouverte ou fermée. Ce qui demande une certaine attention pour l’utilisation de ce type de couteau.
  • Pliant de type liner lock, qui est un système de verrouillage léger, fiable et manœuvrable à une main.

Pour les couteaux droits, le choix du montage du manche dépend de la résistance mécanique nécessaire à l’utilisation du couteau. Un couteau de cuisine n’aura pas à résister aux mêmes contraintes qu’un couteau de chasse.

Je peux réaliser des montages démontables comme une soie noyée ou traversante. Ou des montages définitifs comme le plate-semelle collé riveté.

Les matériaux pour les manches :

Coté manche, je travaille essentiellement avec des essences de bois locaux (chêne, hêtre, frêne, noisetier, noyer, poirier…) ou des essences plus éloignées en recyclant des chutes de bois d’autres artisans locaux.

Sur demande, je peux aussi travailler d’autres matériaux naturels.

Acier Composite ou Acier Feuilleté :

Je réalise également mon propre acier composite (acier feuilleté ou aussi appelé à tort « Damas »). Je le réalise avec un mélange d’acier doux et d’acier fortement carburé. Je calcule ensuite le nombre de couches et je varie la quantité de chaque acier dans la trousse composite en fonction de l’utilisation de la future lame. Ainsi, l’acier doux apportera souplesse et résilience à la lame et l’acier carburé sa qualité de tranchant.

Trousse de 5 éléments de 1,6 kg
90MnCrV8 et acier doux à 0,17 % de carbone
Trousse de 5 éléments de 1,6 kg
90MnCrV8 et acier doux à 0,17 % de carbone

Pour les aciers feuilletés avec des formes artistiques, je respecte beaucoup les personnes qui les réalisent avec des techniques de découpages et de soudures au feu, j’en suis moi-même incapable. Mais, la qualité de coupe d’une lame impose d’avoir un acier uniforme dans le sens longitudinal de son tranchant, c’est pourquoi je ne réalise que des aciers feuilletés dits « simple ». Pour certaines utilisations, je réalise aussi des feuilletages torsadés quand un outil ou une lame a besoin de travailler mécaniquement dans toutes les directions.

Je ne révèle pas les desseins de l’acier feuilleté à « l’acide » (perchlorure de fer) car le travail de forge et de polissage se retrouve anéanti par l’acide qui vient ronger une partie du métal en surface (diminution de la résistance à la corrosion et de la résistance mécanique de surface). J’effectue la révélation par polissage mécanique ou manuel, ce qui fait ressortir un dessein très fin et discret.

Les étuis et Fourreau :

Pour des raisons de protection lors de leur transport et de leur utilisation :

  • Tous mes couteaux à lame droite sont vendus avec un fourreau en bois blanc, comme le tilleul, compris dans le tarif du couteau. Sur demande, je peux réaliser un gainage simple du fourreau en cuir de chèvre XX mm cousu main.
  • Pour mes couteaux pliants, je les fournis avec une petite pochette en cuir de vache cousu main, compris dans le tarif du couteau.
  • Sur demande, je peux aussi réaliser des étuis de port à la ceinture pour les lames droites et les couteaux pliants et avec différents types de ports. (perpendiculaire, parallèle ou incliner à la ceinture)
  • Mes réalisations de taillanderie avec un tranchant sont également accompagnées d’une protection adaptée.

Il y a une petite précaution à avoir avec l’utilisation du cuir et les lames en acier carbone. Le cuir étant une éponge à humidité, il faut retirer les couteaux des étuis lorsque l’on ne les utilise pas pour éviter toute oxydation. Précaution qui n’a plus lieu d’être lorsque l’étui est un fourreau en bois gainé de cuir, car le bois isole la lame de l’humidité du cuir.

Si un couteau s’oxyde dans un étui en cuir, l’étui n’est plus utilisable. L’oxyde se sera installé dans les fibres du cuir et la lame sera abimée à chaque fois qu’elle sera introduite dans l’étui.

La taillanderie :

Les mêmes principes que précédemment sont à appliquer en taillanderie, mais il y a moins de choix de traitements thermiques et de finitions. Ils sont souvent imposés par les techniques de forge et par les caractéristiques mécaniques nécessaires à un outil. Dans 90 % des cas, ce seront des outils à mises rapportés d’acier fortement carburé sur un corps en acier doux afin d’avoir une très bonne qualité de coupe ou de frappe avec un corps plus souple qui permet d’absorber les chocs pour un meilleur confort d’utilisation.

Les techniques de taillanderie sont assez vastes et dépendent du type d’outil et de son utilisation. Un ciseau à bois n’aura pas le même acier ni le même traitement thermique qu’un ciseau pour du granite. De même qu’un marteau de forge sera différent d’un marteau de dinandier…

Je compose donc avec mes connaissances, les informations techniques et le cahier des charges fourni par le professionnel ou de l’amateur éclairé. Pour le moment, je suis limité par la taille des outils de taillanderie que je peux réaliser. Mais n’hésitez pas à me contacter pour discuter de ce que je peux réaliser ou non.

Je propose aussi un service de rebattage pour tous les outils de coupe et de percussion. Par contre, je ne peux garantir ce travail de rebattage que sur mes réalisations, car je connais exactement le type d’aciers utilisé. Alors que les aciers d’outils industriels ne sont pas toujours identifiables, il m’est donc compliqué de définir les traitements thermiques optimums à leur appliquer.

Mais des pointerolles, barres à mine et autres pointes de marteaux-piqueurs seront toujours plus efficaces, rebattues avec une trempe moins précise que complètement usés…